Une histoire de noms…

On dit que l’amour rend aveugle, et si on suit le sujet définitivement bête…

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Il y a un plaisantin sur l’un des chatrooms que je suis sur WhatsApp qui faisait du charme de façon particulière aux dames ce matin. Il a appelé l’une d’entre nous « ma puce ». Le but premier était de nous faire rire, et qui peut lui reprocher de nous faire sourire, dans un pays aussi stressant que le nôtre ? Le rire est un antidépresseur dont il faut user et abuser autant que possible. C’est un groupe d’amis ; nous avons tous ri du surnom dont il l’a affublée et de là m’est venu cette question : est-ce que le vocabulaire du charmeur ne devrait-il pas se modifier en fonction que son destinataire ?

Ne lisez pas ce texte ! Je vous en prie. Vous allez perdre trois précieuses minutes de votre vie. Bon, puisque vous insistez, faites comme vous voulez ; mais vous ne pourrez pas dire plus tard que je ne vous avais pas averti.

Les lieux à visiter, les sujets de conversation à entamer, les cadeaux à offrir… et les petits noms ne devraient-ils pas refléter et flatter la personne de votre intérêt ? À coup sûr, votre touche personnelle fera partie du paquet que vous offrirez, mais il devrait être élaboré sur mesure pour votre coup de cœur. Par exemple, comment concevez-vous qu’une personne m’appelle « ma puce », une petite bête, un parasite qui vit sur l’homme et les mammifères ? Je ne vis tout de même pas aux dépens des autres. Ou encore qu’elle décide de m’appeler mon pigeon, un petit oiseau qui vole quand j’arrive à peine à sauter à la corde. J’ai entendu plus jeune l’appellation « mon rossignol » à mon égard, et si par la suite j’avais entamé une carrière de chanteuse, il serait le seul responsable de ses tympans déchirés. Ils vont aussi chercher des noms d’animaux étrangers, « ma biche »… Est-ce que nous pouvons rester « lokal », messieurs ? Mon poussin ! Qui pense à se mettre en couple avec une créature si jeune ? Mon « minou » est un animal de compagnie ; je pourrais faire le lien avec son côté félin mais je préfèrerais me voir comme une lionne… En revanche, « ma chienne » conviendrait mieux, elle est fidèle, attachée à son maître, l’accompagne partout et le protège, ce sont les qualités d’un(e) bon(ne) partenaire.

On dit que l’amour rend aveugle, et si on suit le sujet définitivement bête, parce que comment de mon 1 mètre 80 pour 240 livres, un individu arrive à me comparer à ces bestioles avec lesquelles je n’ai aucun point commun ? Pour faire vrai, pourquoi ne pas m’appeler « ma vache » ? Pour la quantité de bœuf que j’ai mangé depuis ma naissance, leur chair a sans doute contribué à ma croissance et nous sommes ce que nous consommons. Cet animal comme moi s’impose par son physique, par ses muscles et par sa force et je suis sûre que si les scientifiques continuent de fouiller, ils pourront nous trouver des liens de parenté…

Et quand ils laissent les noms d’animaux et attaquent les choses, ce n’est pas plus vrai : « Mon nounours », « ma poupée »… Nous voilà transformées en objet. Il y a ce titre royal que je ne voudrais pas nous refuser quand ils nous disent « ma princesse », « ma reine » ; mais avoir un royaume sans le sou, c’est comme faire de la lèche vitrine en période de fêtes, cela ne fait pas de sens.

J’ai du mal à comprendre pourquoi les hommes se réfèrent à la femme avec des noms aussi ridicules sous prétexte qu’ils sont affectueux. Si on se mettait à les appeler « mon moustique », « mon anolis » ils penseraient quoi? Quand on y réfléchit, ces surnoms peuvent être considérés comme des insultes… Personnellement, je préfèrerais l’utilisation de mon nom propre ou d’un dérivé, il permet une approche sincère et personnalisée. J’ai déjà vu des gens appeler toute la population de l’autre sexe du même nom que leur partenaire, « chéri (e) » ou ont été même se forger un surnom pour toutes leurs conquêtes (mon trésor) histoire de ne pas se perdre. Si l’on occupe une place spéciale, pourquoi pas un nom spécial ?

Bon, avec tout ce que je viens d’écrire, je vous ai sans doute nui avec cette histoire de surnoms. Je vous oblige maintenant à vous poser des questions sur les raisons pour lesquelles vous avez décroché le vôtre. Oubliez vite ! Je n’ai pas encore pris mon petit déjeuner ; tout ce que j’ai écrit a été influencé par la faim et vous savez à quel point elle est peut être mauvaise conseillère.

Triste constat

…l’argent régit le pouvoir, celui qui dépense est roi.

Au temps de l’esclavage, le colon, le maitre de l’esclave, disposait de lui comme de son bien meuble. Il avait droit de vie et de mort sur lui. Nos ancêtres se sont révoltés et se sont battus pour être libres ; ils voulaient être maitres d’eux-mêmes. Ce crime contre l’humanité aboli sur notre territoire, nous pensions tous être libres… Il n’en est rien… Il se produit chez nous avec ces enfants en domesticité que nous « aidons » en les offrant « le pain quotidien » et dans les couples où l’argent régit le pouvoir, celui qui dépense est roi.

Le système esclavagiste, semble-t-il, a juste changé de forme, de minorité… Nous la cautionnons en perpétrant certaines pensées, en justifiant le crime du bourreau et en dénonçant l’ingratitude de la victime.

L’être humain n’est pas un objet pour qui la générosité d’un semblable doit être considérée ecomme un paiement.

Croyez-le ou non, certains pensent, parce-qu’ils ont payé/supporté une personne, pouvoir plus facilement être dépossédé d’une voiture que d’un partenaire… Comment pouvons-nous penser offrir à une femme, une personne le traitement d’un bien meuble, la déshumaniser ?

Le triste constat est que nous avons changé le maître mais pas le système si l’on vient à justifier un meurtre sous prétexte que la victime était entretenue…

Dépités

Nous nous plaignons souvent de la propreté de nos rues, ceci n’empêche pas à beaucoup d’entre nous de jeter un petit paquet, une pelure, un truc de rien du tout dans nos rues… Ou encore d’ordonner à notre personnel de maison de se débarrasser des immondices quand il pleut (on s’étonne encore des débris dans nos rues pendant et après les pluies).  D’un autre côté, il y a des occupants de nos marchés qui s’installent, vendent et mangent à côté d’une pile d’immondices. Leur seul signe d’inconfort à cet environnement nauséabond est le geste qu’ils font pour repousser les mouches (ces innocentes ne font qu’assurer la navette entre eux et nous pour un partage équitable des microbes). Nous (les fameux hypocrites) retroussons le nez demandant comment un être humain peut accepter de vivre dans de telles conditions…Mais voilà la pile de fatras ne s’est pas faite toute seul, nous y avons participé. Certes notre déchet à lui seul ne pourrait nuire à l’environnement mais nous sommes plus de 12 millions à penser ainsi…

Pourquoi nous nous indignons pour ces tristement célèbres vidéos de MechansT et d’une jeune fille exécutant en public des scènes pornographiques? Nous avons bien élu à la magistrature suprême un homme qui disait/dit/dira des insanités et se dénudait/dénude/dénudera en public. Nous avons élu plusieurs de ses compères dont l’un est devenu député,  puis insisté avec la bêtise en le mettant Sénateur (il nous a remercié avec un jeu des tours de reins des plus aiguisés).

Quand nous acceptons que n’importe qui, n’importe comment nous représentent ; nous laissons à des amateurs exécuter un travail de professionnel et nous nous étonnons du résultat exécrable. Les symptômes ne sont pas traités, le mal empire! Loin de moi l’idée qu’un citoyen ne peut pas porter plusieurs chapeaux (quoique pourquoi vouloir forcément porter celui d’un législateur pour être utile à la nation).  Je ne dis pas que des gens ne peuvent pas être compétent dans un domaine sans l’obtention d’un diplôme, non plus que ce document garantit leur compétence dans cette dite filière mais accepter que des imposteurs fassent le guignol à nos dépens, non !

Le problème quand des concitoyens vendent une piètre image et que nous les votons, ils deviennent des modèles de réussite et notre jeunesse calque leur parcours. Ils sont les références à qui nous devons cet odieux spectacle. Nous évoquons la détérioration de notre société, le dévergondage de la jeunesse, le non-respect du corps de la femme, par contre, le public n’a pas hué mais applaudi à ce spectacle, ce qui sous-entend qu’il est habitué et a apprécié ce show.

Les dernières élections montrent que des artistes (mot à définitions multiples) profitent de l’attention que nous leur offrons sous les feux des projecteurs pour commencer leur « campagne électorale ». Entre autres, un Fantom veut s’inviter de la partie et il y a de quoi faire peur; ceux qui sont là ne foutent déjà pas grand-chose, il risque de s’ajouter à nos frayeurs ?

Si vous avez ri huit ans de cela quand l’alter ego de Ti Simone s’est présenté comme président de la République, sachez qu’un dicton chez nous dit que « Se nan griyen dan yo batize jwif ». Alors, allons-nous continuer à rire jaune, quand nous devrions donner des cartons jaunes sinon rouge à ces profiteurs?

Comme pour la pile de fatras, ne vous dédouanez pas, il s’agit bien de nous, parce-que par notre double standard nous avons laissé cette situation dégénérée. La note que ces incompétents nous servent est trop salée, voulons-nous ajouter dessus ?

Il nous faut de meilleurs modèles !

Sinon à mesure d’être indignés vu que l’on n’a pas de vrais Honorables, on finira par être Dépités de nous-mêmes et nous serons coupables de la pire MechansT…

Les bonnes et les mauvaises nouvelles

L’adage dit « Si vous voulez qu’une nouvelle fasse le tour du monde deux fois plus vite ; faites passer le message par un homme » ce dernier est détrôné depuis la création d’un canal encore plus rapide ; l’internet.

Toutefois, si vous tenez à ce qu’elle soit propagée à une vitesse Grand « V » il faut qu’elle soit mauvaise. Oui, mauvaise comme mortuaire, dégradante, ridicule et j’en passe et tous seront au courant dans un laps de temps-record. Vous ne me croyez pas? Mon jugement est appuyé sur des faits réels et ceux de la semaine dernière le prouvent.

C’était le lundi après Pâques et j’ai vu la vidéo d’une de nos fiertés nationales sur Facebook. Si j’ose me prononcer ainsi c’est pour l’appréciation de beaucoup de nos compatriotes pour elle. De plus, elle a reçu bon nombre de prix à l’extérieur… Pendant le week-end, c’était la vente signature de son premier album. Voilà dans une vidéo enregistrée pour cette occasion, où elle bouge très expressivement, elle fait aussi des vocalises, c’est là que le bât blesse, non que le son blesse. Oui, à chacun ses goûts et ses couleurs. Oui, elle n’était pas disposée à chanter ce soir-là. Oui, la vidéo et le son peuvent être de qualité médiocre. Oui, on peut toujours écouter son message (aller voir comment). Oui, on peut lui donner une nouvelle chance (est-ce nécessaire dans ce domaine)… Oui… mais on n’a qu’une occasion de faire une première impression et dans la chanson c’était celle-là (je me demande si les autres champs dans lesquels, elle brille ne seront pas entachés par cette prestation). Donc, suite à cette vidéo sur la toile, la journée de ce lundi, le commun des mortels y compris moi avait tourné la chose au ridicule (vous pensiez que j’étais innocente). D’autres ont poussé avec les montages les plus loquaces pour parodier la prestation. La toile a eu pour son compte…

Entre autres, vendredi dernier, je découvre un ami journaliste aussi une autre perle pour sa génération qui s’est lancée dans la chanson (j’ai pensé que c’était un méchant virus qu’il y avait dans l’air et je ne voulais pas être infectée). Mais wow, quelle agréable surprise, quelle maitrise ! Il interprète des chansons d’antan aussi bien que les chanteurs d’origine. Il reçoit des compliments des « likes », des partages mais ne bénéficie pas d’une attention aussi dramatique que son homologue féminin (homologue ici est utilisée sous toute réserve).

Dans la même semaine dans une autre sphère d’activités, dans un autre pays…

Je ne suis pas fan de foot mais j’aime voir Cristiano Ronaldo, j’ai un bon œil (deux bons yeux de préférence). Donc quand ce dernier a fait ce but de façon extraordinaire, à la  bicyclette, j’ai moi-même été épatée. Ses fans ont pris le plaisir de relater cet exploit… Ah ah ! Et voilà que s’en viennent ceux de Messi montrant que lui aussi avait déjà réalisé ce genre de but (vraiment hors du sujet). Pire, ils ont même montré combien de fois leur Messi l’avait réalisé et que Cris avait raté ce mouvement.

Ce dernier paragraphe est pour vous démontrer même quand vous faites quelque chose d’extraordinaire les gens vont chercher à vous montrer que vous n’avez rien fait de fameux. On dirait qu’ils n’attendent que la moindre erreur, la plus petite intercale pour vous trucider.

24 heures après la publication de la vidéo du nouveau chanteur, elle a eu quelque 1000 vues (Il faudra qu’il continue à se produire pour être connu et apprécié…) Celle de la nouvelle chanteuse jouissant déjà d’une grande popularité est doublement connue maintenant et non pas qu’en des termes élogieux. Entre-temps, les fans de Messi et de Ronaldo continuent à se documenter et à se disputer à  des fins non lucratives sur le pronostic de leurs millionnaires préférés.

Moi, je me dis que personne ne peut faire l’unanimité en ce monde. Même Dieu, prononcé créateur de l’univers dans la Bible, à la théorie du Bing Bang (soutenue par des scientifiques créés par lui) pour contredire la paternité de ses créations. Le comble, il n’y avait pas de caméra à cette époque, « ses réalisations » ont été transcrites par des hommes  (cette créature n’est pas parfaite surtout quand on sait que l’erreur est de son domaine). Alors 20, 100,… fois sur le métier (donnez à quelqu’un d’autre vos compositions..) mais de grâce veillez bien faire tout ce que vous entreprenez parce-que les archives sont partout et l’humain garde surtout en mémoire les choses négatives.

 

 

Elles baisent aussi!

L’adage dit : « Je ne suis pas responsable de ce que tu penses mais de ce que je dis. » Permettez-moi d’ajouter qu’il y a de ces choses que vous dites qui indiquent clairement votre façon de penser.
Figurez-vous que j’ai grossi… Et oui, j’ai pris des livres… Pour ceux qui voudraient s’en plaindre, je vous rappellerais que ce pays a peu de bibliothèques, donc si je peux contribuer d’une façon quelconque je le fais. Ça ne me dérange pas vraiment mis à part que je dois retenir mon souffle pour attacher mon pantalon, entre autres, j’offre un clivage plus intéressant entre mes deux seins. Mais voilà qu’il y a quelques mois, je rencontre une ancienne camarade du secondaire qui me voit et s’étonne de remarquer à quel point j’ai pris du poids comme si je n’étais pas au courant des faits. Les gens pensent pouvoir vous donner des nouvelles dont vous avez la primeur. J’aurais pu lui signaler que je vis dans ce corps mais j’ai préféré ne pas lui rappeler à quel point elle pouvait être en retard (je suis gentille là)… Je lui ai juste répondu « trois mois… ». Elle s’est empressée de me faire un énorme câlin en m’adressant ses félicitations à moi et à mon conjoint. J’ai dû retenir mon fou rire parce que si je lui disais que je n’attendais pas de bébé et que j’entendais par là me débarrasser de ce ventre dans trois mois (chose que je n’ai jamais faite, (il est attaché à moi au sens propre et au sens figuré), elle serait très déçue et il faudrait lui remettre son câlin, ses félicitations et son sourire. Eh ben, non, ce qui rentre ici ne sort pas aussi facilement, comme mes livres d’ailleurs.
Je profite donc de cette occasion pour être la porte-parle des rondes.
Ca m’a ramenée aux réflexions du genre que l’on fait souvent sur mon poids ; quand je grossis, je suis enceinte, quand je maigris on va m’engrosser. J’ai un poids yoyo, mon métabolisme n’en fait qu’à sa tête. Mes intentions sont bonnes mais mon cerveau est plus faible que ma bouche. Mes activités physiques ne sont pas suffisantes pour brûler ce que j’engloutis tout comme mon salaire ne couvre pas mes dépenses mensuelles (ça c’est un autre sujet). Les gens me parlent comme si je n’étais qu’un appareil reproductif, un genre de gros vagin ambulant, beurk ! Mais ce qu’ils disent entre les lignes c’est que quand je maigris, je suis plus attirante donc, je suis plus enclin à avoir des rapports sexuels.
Je me gratte la gorge et je respire.
Mes chers amis, je me trouve dans l’obligation de détruire ce mythe : les grosses, elles aussi font l’amour, elles baisent, elles grimpent au rideau, quoiqu’il faut une barre plus solide et des tissus plus épais, elles font tout ce que vous faites et reçoivent le même traitement que vous (vous vous faites un film en ce moment). Elles pratiquent au lit les mêmes gestes que celles qui sont minces et savent s’y prendre, parce qu’il y en a qui sont sveltes et qui ne foutent rien dans la chambre, elles sont plates encore au sens propre et au sens figuré (cela peut aussi dépendre du partenaire).
Un tableau, une sculpture peuvent être bien beaux et attirer plein de monde mais ils ne pourront satisfaire que les yeux et l’imagination…
Les hommes ne sont pas limités aux femmes de petite taille, ils sont attirés par une mosaïque de femmes. Ils adorent qu’une femme puisse les entretenir sur des sujets divers, qu’elle soit propre, bien dans sa peau et avec sa graisse, sensuelle, s’habille bien… Croyez-le ou non, ils ont plein de critères qui ne sont pas un size 2. Ils aiment peloter, jouer et certains forcent même avec le jeu maintenant en s’achetant des poupées. Ils reconnaissent aux rondes plein de vertus par exemple, si je répète après eux ; coucher avec elles, c’est une expérience réjouissante, ils aiment autant les centimètres au contour des fesses que nous aimons sur la longueur de la chose.
Bon, nous les rondes, ne sommes pas du goût de tout le monde, tout comme le caviar, la musique classique, un bon vin rouge, on comprend tout le monde n’est pas de notre goût non plus, (vous pensiez que nous étions désespérées ?). Donc, sans chercher à faire l’apologie de l’obésité comme beaucoup d’entre vous vont me le reprocher, ne pensez pas que nous devons maigrir pour nous faire sauter ou pour peser un homme, capiche ! Des fois, l’homme que vous rêvez, celui pour lequel vous bavez et transpirez au gym est en train de fanstamer sur nous et/ou de suer avec nous.
Je laisse tomber le micro !

Tu es valable mon enfant

Les chaînes de l’esclavage mental nous retiennent depuis des générations qu’importe notre statut social.

-Nous allons être en retard ce matin, dépêche-toi!

Avec une attitude mi-figue-mi-raisin, il me rejoint dans le couloir et me lance :

Manman, Nanie m’a dit que comme j’ai de beaux cheveux, si j’étais de teint clair je serais vraiment beau. Tu penses la même chose qu’elle?

L’enfant m’a parlé comme si on venait de lui montrer son plus gros handicap… Comme s’il suivait un séminaire sur le développement personnel et que l’intervenant dans son discours avait pointé ses faiblesses et montrer comment les surmonter.

Mon sang a fait un demi-tour dans mes veines. Qu’est-ce qui lui a pris, à celle-là, de dire de telles âneries à mon fils?

Non ! Tu es beau comme tu es. Tu n’as pas besoin d’une autre couleur de peau pour l’être.

«Li t ap bèl, si tèt li pat kwòt!

Nen plat la ki gate l!

Tèt ou twò grenn, mete pèmanant pou fè yo swa!»

Elles pullulent dans notre quotidien, ces petites phrases lancées à nos enfants et à nous aussi adultes. Elles ont l’apparence d’un compliment à demi-teinte, d’une petite correction d’orthographe, d’un reproche pour un devoir bâclé quand l’élève pourrait fournir mieux, d’une petite tape en public quand on se comporte mal…

Elles n’ont pas l’air méchantes et ne sont pas émises par des gens à priori malsains mais elles peuvent détruire. Elles sont compilées par le subconscient et causent des dégâts sur le court et le long terme sur l’estime de la personne qui en est la cible. Elles sont très puissantes et ancrées dans notre façon de penser depuis la nuit des temps. Elles sont souvent prononcées par notre entourage immédiat qui s’est construit une image du « nous idéal » en jugeant nos atouts physiques et intellectuels par rapport à celle du blanc.  La race blanche est vue comme celle détentrice des « meilleurs éléments ». Dans le passé, elle s’est autoproclamée maîtresse dans tous les domaines intéressants et acceptée par beaucoup d’autres comme la «mesure» de l’excellence.

La nounou ne sait pas mieux ! Non pas parce qu’elle est de classe sociale modeste, mais parce qu’elle pensait être juste en émettant ce genre de réflexion.  M’énerver contre elle n’arrangerait pas les choses.

J’ai jugé que ma réponse manquait de poigne. Je suis sa mère, je sais ce que ce genre de remarques peuvent engendrer, j’en ai reçu plusieurs depuis le temps que je vis ici-bas. J’ai dû me battre contre les autres et surtout contre moi-même pour me rappeler que je suis valable.  Les paroles destructrices ont beaucoup de pouvoir. Leurs racines sont profondes. Plus elles gagnent du terrain, les déraciner devient un travail colossal.

L’ayant raccompagné dans sa chambre, je l’ai placé devant le miroir pendant que Nanie était encore présente et je lui ai dit :

– Regarde-toi !

Il n’a pas compris pourquoi je lui ai ordonné cet exercice qu’il répétait tous les jours.  J’ai mis mes mains à sa taille en m’agenouillant à côté de lui et je lui ai demandé:

– Qu’est-ce que tu vois?

Il me répond timidement, curieux de comprendre ma démarche :

– Moi !

– Oui, Toi! Tu n’es pas une erreur, un devoir inachevé. Toi, tu as tout ce qu’il faut pour réaliser tout ce que tu veux!

Tu n’es pas un vulgaire brouillon. Ta couleur, tes origines ne sont pas une malédiction voir un handicap. Tu es la personne la plus importante dans ta vie, tu as un but sur terre, tu n’as pas besoin d’être d’une autre couleur pour compter mon chéri.

Il a souri.

Je pense qu’il a aimé les phrases que j’ai formulées mais il faudra que je lui en répète souvent d’autres du genre. Je les lui dirai à travers les mots et les actes qu’il est une personne à part entière, digne d’exister et digne d’être aimée.

Les proches, les autres et même moi pourront lui faire questionner son identité et douter de sa valeur à travers des remarques en surface anodines. Je veux que son appréciation de sa personne dépasse le jugement des autres. Je veux qu’il sache et se rappelle en tout temps qu’il n’a pas besoin de singer un autre, d’être une copie médiocre pour être beau, pour se sentir bien.

Une bataille de gagnée, avec mon fils ce matin !

Toutefois, il devra s’armer et mener cette guerre toute sa vie.  Les chaînes de l’esclavage mental nous retiennent depuis des générations qu’importe notre statut social. Quoiqu’oxydées à certains endroits, elles sont très solides, elles sont maintenues et entretenues par la société, les medias… donc plus difficiles à enlever que celles du temps de la colonisation…Une fois, que tu les verras et voudras te débarrasser des tiennes, il faudra aussi chercher par quel moyen aider ton frère à se délivrer des siennes pour ne pas rechuter dans ce cercle vicieux. Là est le défi continu du Noir qui se cherche et s’éveille.

 

 

Denonse gwo kochon an!

– M ka baw dwèt wi!

« M ka ba w dwèt wi »

Pandan m ap swete l bòn fèt li, m di l :

– Entèl jodi a se fèt ou, m pa t konnen non, m panse w t ap vini fre nan travay moun yo (li te gen abitid abiye avèk rad ize, sof lè l pral nan yon rankont li te jije ki vo sa)?

– Pouki ou pa fè m kado rad?

– Rete poukisa la, sa w itil mwen?

– M ka baw dwèt wi!

Moun ki te la yo ri, tankou se yon blag. Se te yon biwo moun yo te renmen fè blag, mwen pa t ka pran l konsa e m p ap janm pran l konsa. Pandan de, twa segonn m pran pou m reflechi ak sa l di a, m santi jan l depase kad li, m santi l vyole m ak pawòl li sa a, ak plizyè lòt li te di m te siyale l ki deplase) epi sèl jan m te ka defann mwen se te flanke mouche yon kalòt…

M pa yon moun ou ka konsidere vyolan men tout bèt jennen mode.

Lè m pote plent pou li, moun lan te kòmanse ap ri, lè l wè m pat nan griyen dan, li chèche figi serye l e li di m

-Oh Madame Réjouis, je suis désolé de son comportement. Je comprends votre réaction vous aviez tous vos droits. Je lui en parlerai. Il n’a vraiment aucun droit de vous dire ça, d’autant plus que vous êtes une femme mariée.

– Si je n’étais pas mariée aurait-il ce droit?

Pita mwen aprann gen yon dam ki di m pa t bezwen fè tout pale anpil sa pou koze a, m te ka jere sa ak li. Reyaksyon l te desevwa m anpil, Kòmsi la yon fi ki si eklere pat ka konprann sa ? Èske se paske mesye a te zanmi l ki fè li pa t jije mesaj la ka menase m ?

Li te pran m tan pou m te konprann depi nan  premye echanj nou se te yon gwo kochon. Misye se yon papa pitit fi e li se yon moun ki letre. M te konsidere l, maksimòm, tankou yon moun ki gen defo pa li men ki pa t nesesèman dezagreyab ou machis. Pou pi plis, m ta ka panse se te yon atirans, lè m vin konprann li mwen kanpe l men sa pa t sifi pou li.

Epi pouki m ap plenyen? Mwen ekri sou fè bagay, kisa misye a pa ka di m lan, jan m pale sou koze fi ak gason m ta dwe ka konprann sa? Gwo jèn fanm ke m ye kote sa m pa ka jere la ? Mwen san dout te gen yon konvèsasyon, yon konpòtman, yon rad ki fè l panse, li te gen dwa pou l di m sa l te di m lan.

Moun ki te la yo, ki te ri yo pat reyalize gravite sa l di a. Yo te vin abitye ak sa l konn di epi tolere yo kòm nòmal. Lè w rete twò lontan bò fatra, sant lan pa di w anyen li vin fè pati anviwònman w e ou finalman aksepte l.

Yo pa diferan ak moun k ap di moun ki viktim yo responsab, yo te vle sa paske si se pa t sa yo te ka defann tèt yo. Moun sa yo fè m panse yo chita alèz sou kanape yo ap gad tv. Yo tankou de moun dlo ap inonde twalèt yo pa konsène menm kan yo tande bri dlo a toutotan li pa rive sou yo, yo pa nwi. Sant manje an k ap boule nan kizin lan se pa pou yo, yo pa t ap fè manje, vant yo plen deja. Yo jis kenbe rimòt yo y ap vire tele a, yo jis wè bagay yo vle wè, sou ang ki fè yo byen. Epi televizyon an vin kanpe koup, yo reziyen yo leve, se lè sa yo wè dèyè l chaje ak pousyè, men sa ki pi grav lan, priz lan gentan inonde epi kay lan ap pran dife (Sa se lè yo viktim menm jan oubyen yon  pwòch yo).

Alèz ak abitid, se move bagay nan kontèks sa yo, yo kole lasi nan je, yo limite vizyon, yo gonmen lespri e yo fè anpil mal ak moun ki sibi yo.

Avèk achtag #denonseyongwokochon #metoo #balancetonporc yo, nou rann nou kont pwoblèm sa yo nan tout peyi, nou jwenn nan tout kouch sosyete yo.

Repwoche viktim lan se bay moun k ap agrese yo fòs. Repwoche viktim lan se mete baboukèt nan bouch li. Repwoche viktim lan se minimize ki donk nòmalize agresyon li sibi.

Alòs si ou twò alèz nan monn ou a, si w panse ou konprann tout sa ka p dewoule devan w tankou yon fim, reveye w! Lavi a pa yon fim, li tap twò di pou ou konprann reyalite a lè l rive sou ou: vi moun pa jwèt.

Je suis une mauvaise mère…

…j’ai échoué. Ils n’ont pas demandé à naître.

– Reste derrière moi!

Je le cache dans mon dos en insérant la clé dans la portière de ma voiture. Pendant ce temps, les propriétaires du magasin où nous étions, sont accompagnés à leur véhicule par un des agents de sécurité qui tient son arme en joue pour contrecarrer toute éventuelle menace… J’ai débloqué ma porte et celle de derrière. Je l’ai littéralement engouffré dans ma voiture. Au volant je lui dis :

-Ta porte est verrouillée ?

Nous sommes en Haïti et pas officiellement en guerre civile.

Il est vendredi, 1 heure de l’après midi après le renvoi des classes. Le ciel est beau et tout à l’air calme. Il y a deux semaines un commerçant dont le magasin a été cambriolé est décédé des suites de ses blessures par balles. Plusieurs actes de banditisme ont été perpétrés à Pétion-Ville durant cette période, avec pour cibles les commerces.

J’ai constaté depuis ces dernières attaques que les magasins ont renforcé leur dispositif de sécurité. Ils verrouillent leurs portes pour sélectionner la clientèle qui pénètre les lieux et/ou ont plus d’agents de sécurité. Ces mesures n’ont pas empêché à d’autres crimes d’être commis.

La peur est visible dans tous les gestes, elle voit même la gentillesse comme une menace. 

Un matin au mois de septembre, j’ai appelé une amie pour lui demander si elle comptait envoyer sa fille à l’école. Je voulais prendre le pouls d’un autre parent pour savoir s’il était judicieux d’emmener un enfant à l’école suite aux manifestations qui ont dérapé la veille. Nous avons même construit un plan, comme son bureau n’est pas loin de l’établissement scolaire, s’il y a embrouille, elle récupérera nos petits…

Deux semaines après l’ouverture de classe, plus de trois jours étaient perdus dans l’agenda scolaire. Quand les forces de la nature ne nous obligeaient pas à rester chez nous, ceux sont les « forces auto-déclarées des rues de Port-au-Prince » qui nous y contraignaient.

Comment fonctionne-t-on dans ces moments tumultueux?

Le parcours des manifestations est partagé par des contacts sur les réseaux sociaux et dans les groupes Whatsapp. Le conseil pour survivre : “Ne sortir qu’en cas de besoin”. Le besoin ne peut pas être d’aller boire un verre, rencontrer des amis, s’évader… Le besoin est tout ce qu’on jugerait utile :travail, église, hôpital, market… Comme quoi, quand le malheur frappe à notre porte, il faut trouver une raison valable pour être sur les lieux. Comme si chez nous, dans notre forteresse nous étions en sécurité!

Nous sommes si consumés par la peur que nous avons oublié de faire ce pourquoi nous sommes venus sur terre : vivre.

Vivre est devenu un luxe. Non, je ne touche même pas encore la cherté de la vie, je parlais de dormir, vaquer à ses occupations… tout ce que nous faisions est désormais enrobé de stress. Je pense que de ma génération verra naitre de nouvelles maladies suite au mal invisible du 21ème siècle.

La dernière fois  que j’ai été à l’extérieur du pays, je me suis demandée pourquoi je suis revenue. Quelle est donc la différence entre moi qui reviens ici avec tous les problèmes que nous avons et une femme victime de violence conjugale dans son foyer ? Pas grand-chose! Nous connaissons toutes deux les maux qui nous rongent et préférons l’ignorer ; en maintes fois nous avons trouvé le même prétexte pour appuyer notre décision de rester, l’amour.  Cet amour qui est censé donner espoir même quand rien n’est fait pour le garder en vie.

Assez parlé de moi ! Je regarde mon fils dans le rétroviseur … Je me revois en deuxième année primaire ; je connaissais déjà les coups d’état, les départs volontaires, tout cela m’importait peu vu que les jours de trouble, je restais à la maison à jouer, à regarder la télé. J’ai grandi avec des mots comme Dechoukay, Zenglendo, Pè lebrun…plus tard JPP, Chimè, Zero tolerans, Opération Bagdad… Aujourd’hui, je me demande si mes enfants auront un vocabulaire moins violent et plus sain que celui de mon enfance. Si plus jeune, je n’avais pas compris l’ampleur de l’instabilité politique et socio-économique, adulte et mère je ne peux pas m’empêcher de le constater. En trente ans, nous avons eu environ 20  acteurs politiques aux commandes de ce pays, conseils de gouvernement, présidents provisoires, présidents élus, un bémol doit être mis sur le fait que pendant 15 ans sur ces 30 ans, 3 fois seulement des présidents élus ont pu clore leur mandat.

Nous avons toujours eu ces révoltes qui se présentaient comme des révolutions dont les instigateurs promettaient monts et merveilles avant d’accéder au pouvoir et qui, au final ne se révélaient que de piètres imitateurs de leurs prédécesseurs.

Une de ces nuits, mon fils est tombé malade. J’ai du réfléchir à mes options. Si je bravais les rues seule avec lui, quels hôpitaux nous accepteraient ? L’hôpital Général est probablement en grève mais même  en temps normal cette démarche pourrait être suicidaire ; sans carte d’assurance, sans cash pour fournir un dépôt lequel accepterait de lui donner des soins ? Quand nous parlons de problème de santé nous pensons être à l’abri ou moins vulnérables si nous disposons d’un visa étranger ou de la nationalité étrangère. Néanmoins, l’urgence n’attend pas, elle est pressante et doit être gérée sur le moment. Et les autres qui n’ont pas ces options, leurs vies valent-elles moins?

La faute aux dirigeants qui ne peuvent assurer notre sécurité, nous doter d’un système de santé fiable.  Mais la faute surtout à nous quand nous avons accepté d’eux qu’ils ne nous fournissent pas ce pourquoi nous avons votés en leur faveur. Eux, ces dirigeants ont leur famille à l’étranger ou des avions-ambulances sur le tarmac de l’Aéroport International pour les évacuer…

Diriger un pays et concevoir un enfant doivent avoir en commun la prévoyance

Et la petite voix dans ma tête me dit:

Je suis une mauvaise mère. (une affirmation). Si je ne suis pas en mesure d’offrir de bonnes conditions de vies à mes enfants, j’ai échoué. Ils n’ont pas demandé à naître.

Je suis une mauvaise mère. (une question). Quand je me demande ce que j’ai fait concrètement pour empêcher cette dégradation ? Ce pays a tellement de plaies en putréfaction que pour être honnête, je ne saurais laquelle tenter de soigner en premier.

Je suis une mauvaise mère. (une réflexion). La pensée trotte dans ma tête pour savoir ce que je ferai réellement pour accomplir mon devoir de citoyen, pour faire respecter mes droits et ceux de ma progéniture. Un bien beau rêve, n’est-ce pas? Il faudrait que je travaille sur un plan pour  au moins visualiser avant de mettre en oeuvre des actions concrètes pour ce beau rêve….

 

Chères victimes, je vous en prie ne reposez pas en paix!

Ne vous laissez pas berner…

Chères victimes,

Je vous l’aurais dit… mais vous ne m’auriez pas cru, que l’émoi qu’avait causé votre mort ne serait qu’une vague d’émotions, comme une mode dont on abuse quand on est saturé de la voir sous les yeux. 
Je vous l’aurais dit… que des esprits malsains ayant un goût profond pour le macabre publieraient sur la toile des preuves du crime odieux perpétré sur votre personne, ignorant la peine de vos proches, rien que pour obtenir plus de likes, plus de partages, faire du buzz, quoi !
Je vous l’aurais dit… que des opportunistes brandiraient votre mort comme une pancarte pour se faire une publicité gratuite, pour s’offrir une notoriété et se forger une place au soleil.
Je vous l’aurais dit… que si la chance sourit à votre cas, des suspects seraient interpellés pour le crime commis sur votre personne, mais, comme cela est de coutume, un/des coupable(s) ne seraient pas condamnés pour vous avoir enlevé la vie.
Je vous l’aurais dit… qu’aucune mesure réelle ne serait prise les jours suivants pour prévenir la commission d’autres actes similaires, hormis les patrouilles additionnelles de la PNH postées en différents points de la capitale.
Je vous l’aurais dit… que seuls vos parents et vos proches se souviendraient de vous au lendemain de vos obsèques. Nous aurions trouvé d’ici là, d’autres sensations fortes, d’autres failles à critiquer du système pour meubler notre quotidien…
Je vous aurais dit tout ça et plus, mais vous ne m’auriez pas cru… que notre mémoire est courte, et que nous ne sommes effectivement liés qu’avec les causes dont nous sommes directement victimes (Chak koukouy klere pou je w).
Je vous en prie… Ne vous laissez pas berner par nos élans d’effroi, par nos larmes de crocodile, par nos gestes de sympathie, par nos prières ou tous autres subterfuges que nous pourrions utiliser pour vous demander de reposer en paix.  
Nous n’avions, au fait, que le désir de vous mettre en terre et de continuer notre quotidien de soumis, de révoltés passifs sur internet. Nous sommes de bons acteurs, nous connaissons très bien notre jeu… ne vous laissez pas leurrer aussi facilement.

Je vous en prie, restez avec nous pour nous infliger l’insomnie et la tourmente que nous méritons. Restez avec nous pour que nous nous questionnions sur nos actions envers nous-mêmes et cette nation. Restez sur nos lèvres plus d’une semaine après vos funérailles pour ne pas être laissés aux oubliettes comme une vielle histoire. Restez avec nous pour nous secouer, nous obliger à nous réveiller, nous sommes trop confortablement tallés dans notre cocon et notre statu quo. Persécutez-nous pour que nous empêchions que d’autres (nous) subissent le même sort que vous.

Si l’amour suffisait…

A toi…à moi

Si l’amour suffisait, 

Toi et moi,

Nous aurions été heureux ensemble.

Si l’amour suffisait, 

Toi et moi,

Nous nous serions compris.

Si l’amour suffisait, 

Toi et moi,

Nous aurions tout fait pour le préserver.

Si l’amour suffisait, 

Toi et moi,

Nous ne nous serions jamais quittés.

Si l’amour suffisait…

A toi… à moi…

Il nous aurait suffit.